• Mon témoignage, mon cheminement.

    Se lancer en pédagogie Freinet, pourquoi ?  

    D'abord, entrer en pédagogie Freinet c'est s'engager. C'est se rendre compte, en tant qu'enseignant que ce qui compte le plus ce n'est pas de transmettre, mais d'accompagner. 

    Pour ma part, je n'ai pas ressenti le besoin de changer de pédagogie en un seul coup ! Non il m'a fallu d'abord rencontrer la frustration, puis la lassitude et enfin, l'échec

    La frustration : j'enseignais avec énergie et enthousiasme. Je parlais beaucoup. Je voulais tout expliquer, plein de fois pour qu'ils comprennent bien. Alors je répétais, répétais, répétais. Je me disais que mon métier c'était ça ! Avec les enfants il faut répéter. Mais au final, j'étais souvent frustrée de mes séances. Il me manquait le plaisir. Et bien trop de fatigue... 

    La lassitude : chaque année ou presque, les mêmes livres, les mêmes méthodes, les mêmes consignes (et au même endroit, les mêmes erreurs..). J'avais beau essayer de changer un peu la forme, un peu le fond, ça ne changeait rien, je me lassais de mes outils. Chaque année alors je changeais d'outil (nouveau manuel, autre méthode etc...). Mais alors quel boulot ! Tout reprendre, tout préparer à nouveau, tout photocopier à nouveau .... C'était inefficace. 

    L'échec : ce dernier sentiment c'est, je crois, le point de non retour. Des élèves en grandes grandes difficultés en classe. Une méthode clé en main et pourtant : l'impasse. Leurs difficultés dépassaient toutes les stratégies de différenciation ! Celles du manuel d'abord (car dans tous les guides du maître, ils prévoient de la différenciation) puis les miennes propres. Je ne savais plus quoi faire. J'ai alors décidé d'arrêter de les faire suivre sur un fichier de lecture et de maths (de toutes façons ils étaient incapables d'y comprendre quoi que ce soit sans que je décortique TOUT avec eux ...). Tout perdait de sens pour eux, et pour moi. 

    C'est alors que je me suis retrouvée sans ressources, sans outils, sans méthode (pas celle au sens "manuel" celle au sens de pédagogue). Je me suis sentie démunie. Et c'est là que je me suis dit "bon sang, je ne sais pas enseigner véritablement, je ne sais plus accompagner les élèves...". 

    Alors j'ai commencé à bidouiller des choses avec eux. Je les ai fait écrire ce qu'ils savaient écrire (parce qu'ils savaient des choses  !!). L'un était passionné de poissons (il avait vécu en Guyane), l'autre adorait dessiner. Alors un peu à l'aveuglette, j'ai tâtonné. C'est le mot : j'ai tâtonné avec eux. Et ça marchait ! 

    J'ai donc farfouiller sur le net, je me souviens avoir tapé sur G**gle "apprendre aux élèves avec leur propre texte". Et de fil en aiguille, je suis tombée sur des lectures de Freinet. 

    Une année durant, j'ai lu des ouvrages, visionné toutes les vidéos de classe du site de l'ICEM (ici) et tâtonné encore et encore. Je voyais que j'avancé alors je continuais. 

    Liberté retrouvée 

    Une fois lancée dans mes recherches et mon tâtonnement, je ne me suis plus arrêtée. J'ai donc abandonné les manuels, et petit à petit je me suis lancée. Jusqu'à véritablement trouver un équilibre qui me convient. 

    Comment se lancer en Pédagogie Freinet ? 

    Pour quelques conseils et une "programmation" de lancement, c'est ICI.